Le sommeil des ados : pourquoi ils se sentent fatigués plus tard et ce que vous pouvez faire
Information générale, pas un avis médical. Si votre enfant reste fatigué malgré une heure de coucher suffisante, ronfle beaucoup ou dort mal, parlez-en à votre médecin traitant.
Le sommeil des ados change à la puberté, et ce n’est pas qu’une question de comportement. Selon une enquête flamande menée auprès des jeunes, près de 60 % des adolescents n’atteignent pas le seuil minimal de 8 heures de sommeil. Vous lirez ici combien d’heures il faut aux enfants et aux ados, pourquoi les adolescents se sentent fatigués plus tard et ce que vous pouvez faire en tant que parent ou grand-parent.
De combien d’heures de sommeil les écoliers et les ados ont-ils besoin ?
Le Vlaams Instituut Gezond Leven, l’institut flamand de promotion de la santé, donne des recommandations par âge, basées sur des lignes directrices internationales. Les enfants de 6 à 13 ans ont besoin de 9 à 11 heures de sommeil par 24 heures, les jeunes de 14 à 17 ans de 8 à 10 heures. Ce sont des valeurs indicatives : le besoin de sommeil d’un enfant ou d’un jeune varie aussi d’une personne à l’autre.
L’American Academy of Sleep Medicine, l’académie américaine de médecine du sommeil, arrive aux mêmes 8 à 10 heures pour les ados de 13 à 18 ans. Cette recommandation est une déclaration de consensus : un panel de 13 experts a évalué pour cela 864 articles scientifiques.
Pourquoi le sommeil des ados se décale
Le soir, votre corps produit de la mélatonine, une hormone qui vous rend somnolent. À la puberté, cela se produit plus tard, si bien que les jeunes se sentent naturellement fatigués plus tard. Gezond Leven explique que les nuits de semaine raccourcissent ainsi et que les ados se sentent plus fatigués pendant la journée.

L’école n’en tient pas compte. La chercheuse Anneke Vandendriessche (UGent, université de Gand) donne l’exemple d’un enfant de sept ans qui commence l’école à 8 h 30, tout comme un jeune de quinze ans.
Le chiffre de près de 60 % provient de l’étude Jongeren en Gezondheid (HBSC Flandre), une vaste enquête flamande auprès des élèves. Chez les filles, 56 % n’atteignent pas les 8 heures, chez les garçons 59 %. Vandendriessche qualifie ces 8 heures de seuil bas et conseillerait aussi aux ados au moins 9 heures.
Ce que le manque de sommeil peut provoquer
Selon le consensus américain, dormir régulièrement moins que recommandé est associé à des problèmes d’attention, de comportement et d’apprentissage. Un sommeil insuffisant va aussi de pair avec un risque accru d’accidents, de blessures, d’hypertension, de surpoids, de diabète et de dépression. Il s’agit d’un manque de sommeil régulier, pas d’une seule nuit courte.

Ce que vous pouvez faire en tant que parent
Les écrans sont souvent un premier point d’attention. Sur un smartphone, on utilise plusieurs applis à la fois, le contenu stimule les émotions et la lumière bleue de l’écran retarde la production de mélatonine. Convenez donc que l’écran avant de dormir soit rangé à temps et désactivez les notifications des applis. Ces accords peuvent aussi valoir quand votre petit-enfant dort chez vous.

Le week-end compte aussi. Limitez la grasse matinée à 2 heures de plus au maximum : si votre enfant se lève à 7 heures en semaine, mieux vaut qu’il ne dorme pas au-delà de 9 heures le week-end. Le week-end reste ainsi plus proche du rythme de la semaine, vers un rythme de sommeil régulier.
La caféine mérite de l’attention, car il peut falloir 6 à 8 heures pour que son effet disparaisse. Gezond Leven conseille de ne plus prendre de caféine après 15 heures. La caféine ne se trouve pas seulement dans le café et le thé, mais aussi dans le chocolat noir et les boissons énergisantes.
Bouger pendant la journée, surtout dehors, aide à bien dormir le soir, car la lumière du jour règle mieux l’horloge biologique. Pendant les vacances, c’est possible par exemple en bougeant avec les enfants pendant les vacances d’automne. Les jours d’école, un peu de lumière matinale dehors sur le chemin de l’école aide.
Les groupes d’amis font la différence. Il vaut mieux convenir que tout le monde se déconnecte ensemble à un moment fixe, plutôt que votre enfant soit le seul à devoir lâcher son téléphone.
Les parents peuvent tout à fait fixer des règles de sommeil et veiller à ce que les écrans soient mis de côté à temps. Certains jeunes ont eux-mêmes indiqué dans l’étude en avoir besoin. Un ado qui veille tard n’est donc pas forcément paresseux : le corps suit la puberté, et des accords fixes à la maison aident à atteindre davantage d’heures recommandées.
Sources
- Vlaams Instituut Gezond Leven. Wat is slaap? Geraadpleegd in oktober 2026.
- Vlaams Instituut Gezond Leven. Slaaptekort bij jongeren: zo komt het en zo pak je het aan. Interview met Anneke Vandendriessche (UGent), 17 maart 2023.
- Paruthi S, Brooks LJ, D’Ambrosio C e.a. Recommended Amount of Sleep for Pediatric Populations: A Consensus Statement of the American Academy of Sleep Medicine. Journal of Clinical Sleep Medicine. 2016;12(6):785-786. Consensusverklaring.







