Un grand-père tend des bouchons d'oreille à sa petite-fille dans l'atelier pour protéger leur audition, sous le regard d'une voisine portant un casque antibruit

Protéger votre audition en vieillissant : bruit, signes d’alerte et appareils auditifs

Information générale, pas un avis médical. Si vous entendez moins bien ou si vous avez des acouphènes persistants, parlez-en à votre médecin traitant.

Protéger votre audition commence par savoir combien de bruit vos oreilles peuvent supporter. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 430 millions de personnes dans le monde ont besoin d’une réadaptation pour une perte auditive incapacitante, c’est-à-dire une perte de plus de 35 décibels (dB, l’unité qui mesure l’intensité d’un son) à l’oreille qui entend le mieux. Après 60 ans, plus de 25 % des personnes ont une telle perte auditive. D’ici 2050, près de 2,5 milliards de personnes pourraient présenter un certain degré de perte auditive.

Intensité et durée : comment elles comptent ensemble

Un sifflement après un concert disparaît souvent, mais en cas d’exposition répétée à des sons forts, les cellules sensorielles de l’oreille peuvent, selon l’OMS, être endommagées de façon permanente. Plus le son est fort, moins vous pouvez l’écouter longtemps sans risque :

Intensité sonoreExempleDurée d’écoute sans risque par semaine
80 dBsonnettejusqu’à 40 heures
85 dBcirculation dense (dans la voiture)12 heures 30 minutes
90 dBcris4 heures
95 dBmoto1 heure 15 minutes
100 dBsèche-cheveux20 minutes

Une conversation normale se situe autour de 60 dB. Si vous devez élever la voix pour vous faire entendre de quelqu’un qui se trouve à une longueur de bras, le son est trop fort, selon l’OMS.

Protéger votre audition : musique, sorties et travaux bruyants

Avec un casque ou des écouteurs, l’OMS conseille de ne pas dépasser 60 % du volume maximal. Un casque bien ajusté, à réduction de bruit, vous évite de monter le volume dans un environnement bruyant. Au concert ou en boîte, restez à distance des haut-parleurs, portez des bouchons d’oreille et accordez à vos oreilles 10 minutes de repos dans un endroit calme après chaque heure. Face à des machines bruyantes, l’OMS recommande des bouchons d’oreille ou un casque antibruit.

Une femme âgée baisse le volume de son téléphone pour protéger son audition pendant qu'un voisin lui montre la limite de volume

Les signes d’une baisse de l’audition

L’OMS cite comme signes de perte auditive des acouphènes persistants (sifflements ou bourdonnements dans les oreilles), des difficultés à entendre les sons aigus comme le chant des oiseaux ou un réveil, du mal à comprendre la parole, surtout au téléphone, et des difficultés à suivre une conversation dans le bruit, par exemple au restaurant ou lors d’une fête. Si vous vous y reconnaissez, faites tester votre audition ou faites un premier test avec l’application hearWHO.

Un homme met la main derrière l'oreille dans un restaurant animé, un signe qu'il est temps de faire tester et protéger son audition

Quand vous ne parvenez plus à suivre la conversation dans un restaurant animé, vous êtes parfois tenté de renoncer aux repas entre amis. Selon l’OMS, une perte auditive non traitée peut ainsi mener à l’isolement social et à la solitude, alors que les contacts sociaux comptent pour votre santé quand vous vieillissez.

Un appareil auditif en Belgique

Selon l’INAMI, l’Institut national d’assurance maladie-invalidité qui gère l’assurance maladie belge (RIZIV en néerlandais), votre mutualité intervient dans le prix d’un appareil auditif si la perte auditive de l’oreille à appareiller atteint au moins 35 dB et si l’appareil vous apporte un gain d’audition d’au moins 5 dB. L’appareil doit figurer sur la liste officielle et être acheté chez un audicien agréé, le professionnel qui adapte et règle les appareils auditifs.

Un audicien règle un appareil auditif pour une femme âgée qui veut protéger son audition et mieux comprendre

Vous commencez chez un médecin ORL (nez-gorge-oreilles), qui teste votre audition. L’audicien vous confie ensuite un premier appareil à l’essai pendant au moins 28 jours calendrier, après quoi le médecin-conseil de votre mutualité examine la demande.

Audition et démence : ce que dit la recherche

En 2024, la Commission du Lancet sur la démence a estimé que 14 facteurs de risque modifiables représentent ensemble près de la moitié des cas de démence, qui pourraient en théorie être évités ou retardés. La perte auditive et un taux élevé de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) au milieu de la vie y pèsent le plus lourd, avec 7 % chacun. La Commission demande de rendre les appareils auditifs accessibles et de réduire l’exposition au bruit nocif.

Un appareil auditif freine-t-il le déclin des capacités intellectuelles ? C’est moins clair. Dans l’étude ACHIEVE, 977 Américains de 70 à 84 ans ayant une perte auditive non traitée ont été répartis par tirage au sort entre des appareils auditifs avec accompagnement et une éducation à la santé. Après 3 ans, aucune différence de déclin cognitif (mémoire et réflexion) n’est apparue dans l’ensemble du groupe. Chez les personnes plus à risque, ce déclin était peut-être ralenti.

Une revue de 31 études regroupait notamment 8 études de longue durée, dans lesquelles les personnes portant un appareil auditif avaient un risque de déclin cognitif à long terme inférieur de 19 %. La plupart des études étaient observationnelles : les chercheurs ont regardé ce que les gens faisaient d’eux-mêmes, sans tirage au sort. Un lien de cause à effet n’est donc pas établi.

Selon la Commission du Lancet, réduire le risque de démence apporte davantage d’années en bonne santé, et donc plus de healthspan, le nombre d’années vécues en bonne santé. En pratique, protéger votre audition repose sur des habitudes simples : baisser le volume, emporter des bouchons d’oreille au concert et accorder régulièrement du repos à vos oreilles.

Sources

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